théâtre
création 2019



C’est au sein d’une classe expérimentale que le projet Nous dans le désordre est né, sous la direction de l’autrice-metteuse en scène Estelle Savasta, accompagnée d’une vingtaine de filles et de garçons de quinze ans, scolarisés en France, à Cavaillon, dans le Vaucluse.

Sur la table commune, Estelle a posé le mot : désobéissance.

Le pointant du doigt, Sandra, une des élèves, a dit : « C’est un sujet qui m’intéresse, parce qu’un jour, j’ai lu que désobéir, c’est s’obéir à soi-même et moi, ça m’intéresserait de savoir ce que c’est, m’obéir à moi-même ». Avec ses camarades, ça discute, ça décortique. On parle d’injonctions parentales, sociétales, scolaires, de désirs et d’angoisses, d’échecs et de débordements. On affirme l’envie d’échapper à ce qui formate, à ce qui conditionne. Bien sûr qu’on aimerait résister.

Alors un matin, au cours d’une improvisation, en chœur, on invente Ismaël. Ismaël est populaire, drôle, orgueilleux, solaire, amoureux. Et un jour, comme un Bartleby, une Antigone, Ismaël va dire non. Il va se coucher sur le chemin, derrière chez lui.

Pas pour dormir, non. Il refuse de bouger. C’est son objection.

Son NON à lui. Passeront l’amoureuse, les amis, les parents. On cherchera à comprendre pourquoi Ismaël est couché là, immobile. Passionnément immobile. Désobéissant à tout.

Grain de sable dans le système. Autour de lui, des escargots, de la musique, des objets et des déclarations. Toute une vie secouée par un jeune homme fixe.

Ici, l’adolescence est en jeu et en question, avec sa rage et sa vigueur, son conformisme et son génie. S’ils demeurent minoritaires dans notre programmation, les spectacles qui lui sont dédiés ouvrent le spectre de nos explorations : c’est l’occasion de rappeler qu’Am Stram Gram réunit dans ses assemblées 3 à 4 générations. Enfants, adolescents et adultes, autour des feux de la jeunesse.

Synopsis par la cie Hippolyte a mal au cœur
Notre histoire commence un dimanche, en début d’après-midi. On s’apprête à passer à table. C’est très bruyant et très joyeux. On appelle Ismaël, l’ainé, pour qu’il participe un peu. On l’appelle encore. Il ne vient pas.

Ismaël a disparu.

Ismaël a presque vingt ans et il s’est allongé au bord d’un chemin. À l’orée de la forêt, pas très loin de la maison de ses parents, qui est aussi sa maison. Personne ne comprend. Personne n’a rien vu venir. Ni Rose son amie de toujours ni aucun des membres de leur petite bande joyeuse et solidaire. Ses parents, son frère et sa soeur sont tous face au même vide.

Avant de s’allonger Ismaël a écrit un mot : Je vais bien. Je ne dirai rien de plus. Je ne me relèverai pas. Et depuis il tient ses promesses : il les regarde et ne donne aucun indice supplémentaire. C’est là que notre histoire commence.

Une histoire qui parle de nous face à ce que nous ne comprenons pas, face à ce qui nous dépasse. Face à ceux qui font un pas de côté sans nous donner les clés.

Pour écrire cette histoire, pour trouver le chemin j’ai avancé en meute.

La première était constituée d’adolescents de quinze ans. Pendant toute une année scolaire nous avons passé ensemble des heures à débattre. À quoi désobéirions-nous si nous prenions le temps de nous poser la question ? S’obéir à soi-même ce serait quoi ? Nous avons décortiqué ensemble leur envie de transgression. Parfois confuse, parfois violente, parfois confuse et violente. Ils savaient des choses que j’avais oubliées et d’autres que je n’ai jamais sues. Parce qu’il y a longtemps que je n’ai pas eu quinze ans et que quinze ans dans ce millénaire-là, je n’ai jamais eu ça. Ils m’ont été infiniment précieux et c’est avec eux que j’ai compris l’histoire que j’avais à raconter. Qu’Ismaël s’est mis à exister.

Et puis j’ai donné mon histoire à Flore Babled, Olivier Constant, Zoé Fauconnet, Valérie Puech et Damien Vigouroux, meute si inspirante et si solidaire. Nous avons invités d’autres jeunes gens dans le début de leur vingtaine à venir nous rejoindre, le temps de quelques répétitions. Nous avons posé les fondations de ce que nous nous apprêtions à raconter. Et puis nous nous sommes retrouvés seuls. Le reste de l’équipe (musique, scénographie, costumes, lumières) est venue nous rejoindre et nous avons avancé ensemble et à tâtons sur ce chemin chaotique qui mène de l’urgence première à la création.




DISTRIBUTION


Cie Hippolyte a mal au cœur
Ecriture et mise en scène Estelle Savasta
Assistante à la mise en scène – stagiaire Chine Modzelewski
Musique Ruppert Pupkin
Collaboration aux arrangements Benoit Perraudeau
Scénographie Alice Duchange
Construction Olivier Brichet
Création lumières Romain de Lagarde
Costumes Cécilia Galli assistée par Aliénor Figueiredo
Regard chorégraphique Mathias Dou
Régie générale et lumière Yann Lebras
Régie son Anouk Audart

Jeu Flore Babled, Olivier Constant, Zoé Fauconnet, Valérie Puech, Damien Vigouroux


REVUE DE PRESSE



Production Compagnie Hippolyte a mal au coeur.Coproduction La Garance, scène nationale de Cavaillon (84), le Théâtre du Pays de Morlaix (29), Théâtre de la Cité, CDN Toulouse Occitanie (31), Théâtre Romain Rolland, Villejuif (94), le Tandem Arras Douai (62).
Soutiens Fondations E.C.Art - POMARET, SPEDIDAM, ADAMI, Chaillot Théâtre National de la Danse, La Colline Théâtre National.
Action financée par la Région Île-de-France.
Avec le soutien du Département du Val-de-Marne.
La compagnie est conventionnée par DRAC île de France - Ministère de la culture.

Laisser un commentaire

Dès 15 ans

Cie Hippolyte a mal au cœur

DOSSIER DE PRESENTATION


MARS
mar 24 19h
jeu 26 14h15 - scolaire
jeu 26 19h

durée 1h30

TARIF ADO Pour les 3 spectacles « Ado » de la saison (Normalito, Wapiti Waves et Nous dans le désordre), les jeunes de 11 à 18 ans bénéficient d'un tarif de 10 CHF par spectacle.



Photographie © D.R.