3 QUESTIONS À AMBRA SENATORE

Posté sur fév 12, 2013 dans ACTUALITÉS, Spectacles

Ambra Senatore est chorégraphe. En février 2013, elle crée avec Fabrice Melquiot « Nos Amours bêtes » au Théâtre Am Stram Gram, un spectacle danse et théâtre pour 5 interprètes. Le spectacle sera à l’affiche à Genève jusqu’au 10 mars, puis il partira en tournée.

Que vous inspire ce thème des fiancés animaux ?

Ce qui m’intéresse en tant que chorégraphe, c’est toujours de parler de l’être humain. Un thème, comme celui du fiancé animal, retient mon attention s’il me détache de mes habitudes, me rend curieuse et me permet d’explorer de nouvelles facettes de notre humanité. Au départ, quand Fabrice Melquiot m’a proposé ce thème des fiancés animaux, j’y ai d’abord pensé comme à une métaphore de l’amour, de la relation amoureuse. De multiples contes, dans tous les pays, nous parlent de cela.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur un conte venu d’Islande ?

La Peau de la phoque est l’un des contes de fiancés animaux parmi les plus intéressants, car il met en scène un personnage qui passe de l’animal à l’humain et inversement, dans les deux sens donc. Au-delà de la relation amoureuse, il nous parle aussi de la transformation, de nos différents visages, nos peaux, nos facettes ; et de comment on passe de l’un à l’autre, tout le temps : il dit qu’on peut être bête et homme, mais plus encore, qu’on peut être tour à tour mille choses, mille animaux – comme ceux qui apparaîtront en fonction des spectateurs, dans le spectacle… On ne parle pas ici de se cacher derrière des masques, mais au contraire de laisser émerger, par le jeu, des éléments qui nous constituent, mais qui restent souvent cachés. Ce conte nous parle aussi du choix.

Qu’est-ce que signifie le jeu, les jeux pour vous ?

Je travaille sur cette notion de jeu depuis longtemps, c’était déjà présent dans la démarche de création de mes spectacles Passo (Pas – démarche) en 2010 et A Posto (En place) en 2011, même si le jeu n’apparaît pas en tant que tel dans ces spectacles. Dans John, mon dernier spectacle créé en 2012, il y a une vraie présence des jeux, et dans Nos Amours bêtes c’est également le cas. Le jeu, c’est un engagement très fort dans quelque chose qui n’est pas nécessaire, qui le devient cependant pour le joueur. Cela résonne très fortement pour moi sur le plan créatif, en tant que rapport à la fiction notamment. Le récit de La Peau de la phoque comprend pour nous une vingtaine d’images évocatrices et j’ai cherché comment leur traitement scénique pouvait rencontrer le jeu.

Le but du jeu est ici d’arriver à raconter ce conte !

Photographie de répétition. © Elisabeth Carecchio