Le théâtre
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Le théâtre
Édilogue
« La poésie suprême est celle de l’amour.
Elle éclot des visages, des regards, des sourires… »
Leçons d’un siècle de vie, Edgar Morin
Comme un fruit né sous l’orage, le théâtre a mûri. En ce début de saison, il arrive avec la beauté rare de ceux qui ont traversé le temps sans se replier sur eux-mêmes. Comme un voyageur, il a changé à chaque rencontre, bu à mille sources, emprunté tous les chemins de traverse et s’est constamment régénéré. Il continue de voyager au secret d’une époque qui ressemble à un Palais de foire aux miroirs courbes, déformant l’image de nos récits.
Nous sommes faits de récits ; nous sommes une somme de fictions, comme le dit Nancy Huston*. Le théâtre qui avoue la fiction de ses histoires – ou du moins le déplacement
du réel – devient parfois le seul recours pour gagner en lucidité. Cette phrase d’un ami m’accompagne depuis une quinzaine d’années :
« Le spectacle vivant peut contribuer à une meilleure compréhension d’un monde toujours plus complexe et mouvant, que, paradoxalement, la poésie est parfois la
seule à éclairer. »
Plus que jamais, et surtout pour l’enfance et la jeunesse, nos fabulations artistiques sont essentielles à la construction de ce récit qui se prétend réel. C’est probablement cette « poésie suprême », ce phénomène décrit par Edgar Morin, qui inspire leur transmission.
Cette saison, allons voir les enfants sur scène avec Jérôme, Rachel, Caroline, Nicolas, Ahmed… Courons rire avec les acrobates, danser avec Israel, chanter avec Lou ! Émerveillons-nous avec la magie d’Étienne et de Steven, et partageons nos récits, car le théâtre est là pour cela : réinvestir la joie de l’humain.
Joan Mompart
* L’Espèce fabulatrice, Nancy Huston, Actes Sud, collection Babel
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